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Valais

 

Les guérites du Valais, patrimoine architectural populaire
Ecrit par Alexandre Truffer

  

Les informations de la rubrique sont fournies par
RomanDuVin.ch


Guérite Mont d'Or Photo MVVV/Etienne Roux


Sous le titre Guérites Ces cabanes dans les vignes, le Musée Valaisan de la Vigne et du Vin vient d'éditer en collaboration avec Infolio un ouvrage de référence sur l'une de particularité du vignoble du Vieux-Pays. Dirigé par Anne-Dominique Zufferey, illustré par les photographies d'Etienne Roux et par les dessins de Charles-André Meyer, cet ouvrage dévoile un pan du monde de la vigne jusqu'àlors complètement ignoré.

Les guérites! Si pour les habitué du canton alpin elle font partie du paysage, pour les autres ce terme désigne la construction qui protège une sentinelle. Cela signifie-t-il que dans les Alpes on maintient une surveillance armée des plants de Fendant ou de Cornalin? Bien sûr que non! Dans les anciens parlers de la région garèta est une construction légère servant d'abri ou de remise à outils. Ces cahutes de vignerons connues comme capite sur l'arc lémanique, cabotte en Bourgogne, chibotte en Provence et cadole dans le Beaujolais ont pris sur les rives supérieures du Rhône le nom de guérites.


Guérite Crête des Maladaires Photo MVVV/Etienne Roux

Pourquoi donc consacrer un ouvrage à des vieilles remises? pourrait-on se demander. Parce que ces guérites -dont le nombre est évalué à près de 2000 dans le canton- ont non seulement façonné le paysage viticole, mais elles symbolisent aussi une viticulture atypique et gardent en mémoire les évolutions de celle-ci. Leur présence dans les terrasses ensoleillées valaisannes remonte à la nuit des temps. Certains documents du Moyen-Âge en font mention, mais les plus anciennes encore visibles remontent au XVIème siècle.

Le nombre élevé de guérites s'explique par la topographie de la région, la difficulté d'accéder aux diverses parcelles et le morcellement du vignoble. Servant à ranger les outils et le matériel, elles sont également utilisées comme abri en cas de mauvais temps. Pour les plus grandes, elles abritent même le «métral» ce gérant de grands domaines patriciens ainsi que sa famille. De plus, nombre de ces constructions ont un rôle social important. Elles sont destinées à recevoir famille, clients ou membres d'une bourgeoisie possédant en copropriété une vigne. Plus étonnant, leur rôle dans la récupération d'eau de pluie par un ingénieux système de gouttières et de bassins. Cette dernière fonction gagne en importance à la fin du XIXème siècle, lorsque apparaît la bouillie bordelaise -préparation de chaux et de sulfate de cuivre destinée à lutter contre les maladies cryptogamiques- très gourmande en eau.


Guérite Maison Rouge Photo MVVV/Etienne Roux

D'un point de vue architectural, l'absence de législation sur le sujet jusqu'en 2006 a laissé libre cours à l'imagination des constructeurs. Dans l'impossibilité de déterminer des styles propres à chaque région ou à chaque époque, les concepteurs de l'étude ont divisé les guérites en fonction des matériaux utilisés: guérite en maçonnerie, guérite en bois, guérite mixte ou guérite en pierre sèche utilisant le même procédés que les murs porteurs des terrasses. On trouve même des guérites grottes, sorte de petites cavernes utilisant les parois naturelles ou artificielles du vignoble.

Aujourd'hui, les guérites ont perdu leur fonction de remise. Utilisées comme enseigne publicitaire, place d'accueil pour les touristes ou lieu de rencontre où partager une rencontre après les vendanges en famille, elles connaissent un regain d'intérêt qui devrait permettre à ce patrimoine de survivre. Outre la prise de conscience que devrait créer le livre, et l'exposition, sur les guérites, la grande qualité de cet ouvrage est de mettre en lumière ceux qu'on appelle les vignerons du samedi.


Guérite grotte Corbassière Photo MVVV/Etienne Roux

Avec plus de 22'000 propriétaires, le vignoble du Valais possède une assise populaire tout à fait particulière mais oubliée par l'Histoire et la Littérature. Déjà que les écrivains du vin préfèrent déguster dans les châteaux que de traîner leurs bottes dans le vignoble, alors parler de gens qui n'ont même pas de marque à leur nom. Ce manque d'étiquette n'a pas rebuté les auteurs de l'ouvrage qui ont construit leur enquête sur la base de témoignages glânés auprès de quelques uns de ces vignerons sans histoire, mais pas sans hsitoires . Il en résulte un texte constellé de morceaux d'humanité qui rappelle que le vin, avant d'être élevé par les oenologues, habillé par les publicitaires et diplômé par les critiques, naît dans les mains de gens simples qui le baptisent de leur sueur.

Guérites Ces cabanes dans les vignes Sous la direction d'Anne-Dominique Zufferey Editions Infolio et Musée Valaisan de la Vigne et du vin, 2007.

Exposition du Musée Valaisan de la Vigne et du Vin au Château de Villa à Sierre jusqu'au 30 novembre 2007.

Truffer Alexandre
©RomanDuVin.ch 2007

 
 


Page publiée le 6 Sep, 2007
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