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Le vin cacher à votre table
Ecrit par Alexandre Truffer
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| Truffer|©RomanDuVin.ch 2005 |
Il n’y aucun moyen de différencier un vin cacher d’un cru qui ne l’est pas, car le processus de préservation de la pureté de la boisson n’implique aucune manipulation du moût. C’est pourquoi, seule l’étiquette peut donner une indication sur la conformité ou non d’une bouteille particulière aux lois de la Torah. Cependant, il n’y a que les vins cachers originaires d’Israël et parfois d’Amérique pour évoquer leur conformité aux rites alimentaires israélites. Les producteurs d’autres pays –France, Italie, Espagne- n’en font en général pas mention.
Aux Etats-Unis, le marché des vins cacher a atteint les 100 millions de dollars de chiffre d’affaire en 2000 et pourrait doubler en 10 ans. Alors même que le négoce viticole connaît des problèmes mondiaux, cette évolution donne à réfléchir. Les grands producteurs européens ne s’y sont pas trompés et suivent les prescriptions de la cachroute afin de ne pas perdre une clientèle israélite fortunée et grande consommatrice de vin. Ainsi, la plupart des châteaux bordelais renommés élaborent des vins conformes aux préceptes rabbiniques. On peut citer les domaines des différentes familles Rotschild, mais aussi les Château Fonbadet, Château Giscours, Château Leoville Poyferre ou les champagnes Laurent Perrier. Bien sûr la liste est loin d’être exhaustive…
En Suisse le marché pour un vin cacher romand ne semble pas suffisant. En 2001, la Société Vinicole de Perroy s’est lancée dans le créneau. 10'000 bouteilles de Château Malessert blanc et 15'000 flacons de Salvagnin rouge, un mélange de Gamay et de Gamaret, ont été produit sous la surveillance du rabbin David Tedghi. Depuis lors, la Société Vinicole de Perroy a fermé à cause de la concurrence des vins blancs étrangers et ses invendus ont été repris par différents négoces lémaniques. Ceux-ci affirment que les lots de vin cacher qu’ils ont acquis ne sont pas encore tout à fait écoulés, la demande étant moins forte que l’on n’avait espéré.
Les maisons Berthaudin SA et Uvavins détiennent encore quelques bouteilles de vin cacher issus de cette expérience. En ce qui concerne le futur, il est possible que, comme le lot de 2001 arrive doucement à sa fin, quelques milliers de bouteilles soient de nouveau encavées. Toutefois, la demande locale demeure insignifiante et la production de vins répondant aux prescriptions de la Torah ne connaîtra sans doute jamais une évolution comparable à celle que l’on observe de l’autre côté de l’Atlantique.
De toute façon, le marché suisse des vins cachers est déjà approvisionné par l’offre venant de l’étranger. Les vins israéliens n’ont pas encore une grande renommée, mais il s’avère possible d’en trouver chez les marchands de vin. De plus, la plupart des vins conformes à la cachroute ne proviennent pas du Moyen-Orient, mais de France ou des Etats-Unis et sont accessibles aussi bien dans les grandes surfaces que chez les cavistes indépendants. Si nous ne le remarquons pas, c’est tout simplement parce que rien ne l’indique sur l’étiquette. Par contre, il existe des listes de produits autorisés par les différentes autorités rabbiniques qui recensent toutes les denrées en accord avec les lois israélites sur l’alimentation et permettent aux consommateurs de se procurer des produits cachers en toute connaissance de cause.
©RomanDuVin.ch 2005
Page publiée le 6 Juin, 2005
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