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Fribourg et son vignoble
Ecrit par Alexandre Truffer
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| RomanDuVin.ch |
Les cartes postales du canton de Fribourg offrent aux visiteurs des visions idylliques de pâturages tranquilles, de fondues crémeuses, de vaches bicolores et de cités fortifiées. Aussi diverse qu’elle paraisse, l’imagerie de la région n’inclut pas vraiment de zones viticoles. Et pourtant, la gastronomie locale offre plus que les meringues à la crème double et le vacherin, qu’il soit dans un caquelon ou non. En effet, dans les marches du canton, des vins élégants et raffinés sont produits, à l’insu de presque tous, et accompagnent à merveille les spécialités gastronomiques de l’endroit telles que palées pêchées au matin, asperges du pays ou gâteau du Vully.
Cet ostracisme vient peut-être de la situation périphérique des vignes de Fribourg. Les 13 hectares de la Broye se nichent dans une enclave située en terre vaudoise. Plus au sud, les domaines de l’Etat et de la Ville, totalisant 22 hectares, se trouvent également sur le territoire du voisin lémanique dans les communes de Saint-Saphorin, Riex et à la Tour-de-Peilz. Quant au Vully, s’il n’est pas enclavé, il se situe tout de même à l’extrême pointe nord-ouest du canton, séparé de celui-ci par les eaux du lac de Morat.
L’héritage viticole des collectivités fribourgeoises qui prospère au bord du lac Léman ne diffère pas vraiment des autres vignes des mêmes régions vaudoises et ne possède pas de caractéristique typique qui l’en distinguerait. Pour cette raison, nous n’en traiterons pas dans cet article.
Le Vully, dont la surface surpasse quelque peu la centaine d’hectares, profite de l’influence bienfaisante du lac de Morat. Cette petite région homogène produit surtout du Chasselas et du Pinot Noir. Les spécialités ont cependant le vent en poupe puisqu’une vingtaine de cépages s'y développent. Les variétés les plus fréquemment rencontrées sont les mêmes que dans les cantons voisins. On peut ainsi déguster du Pinot Gris, du Pinot Blanc, du Chardonnay, du Gewürztraminer, du Gamay, du Gamaret ou du Garanoir. Le Vully se distingue toutefois par un cépage dont il possède l’exclusivité en Suisse romande. Il s’agit du Freisamer, qui porte le nom de Freiburger dans notre pays, qui provient d’un croisement entre le Sylvaner et le Pinot Gris.
La Broye fribourgeoise s’articule autour du village de Cheyres et profite de la proximité du lac de Neuchâtel. Ce voisinage a sans doute influencé l’encépagement de la région puisque plus de 60% des parcelles accueillent des cépages rouges avec une très nette dominance du Pinot Noir. En ce qui concerne les blancs, le Chasselas se taille la part du lion. Les spécialités ont moins de succès que dans le Vully.
Encore inconnus dans le reste de la Suisse romande, les vins fribourgeois cherchent à se faire connaître hors de leur lieu d’origine. Dans ce but, un travail de promotion a été entrepris par l’Association des vignerons du Vully fribourgeois. Elle a décidé d’imprimer une identité visuelle commune à ses vins, après avoir créé successivement un caveau proposant une palette des saveurs œnologiques de la région et un sentier viticole.
Malgré ces efforts, il ne faut pas espérer trouver du Freiburger ou du Muscat du Vully sur les comptoirs de Lausanne ou de Genève avant longtemps. Les curieux devront entreprendre le voyage jusqu’aux rives du lac de Morat où, s’ils se laissent tenter par un poisson du lac ou un gratin d’asperges, ils regretteront sans doute de n’avoir pas découvert la gastronomie fribourgeoise plus tôt.
Page publiée le 10 Aout, 2005
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