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Par canton : Valais



 

Voyage au fil du Rhône pour la Marsanne Blanche
Ecrit par Alexandre Truffer

  

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Pour sortir du Valais, il fallait, jusqu’au siècle dernier, soit braver les Alpes en empruntant les cols, soit suivre le cours du Rhône. Les passages montagneux du Grand Saint-Bernard, du Simplon ou du Nufenen voyaient passer quotidiennement des voyageurs et étaient même empruntés par des armées entières charriant canons et bagages. Toutefois, une part majoritaire du commerce suivait les eaux du Rhône, fleuve qui marque très profondément la géographie ainsi que la culture du Valais.

Ce petit torrent qui prend sa source au glacier d’Aletsch, à la pointe est du canton, ne paie pas de mine dans sa partie helvétique. Du côté de Sierre ou de Martigny, cette rivière insignifiante s’écoule paisiblement et ne se transforme qu'une fois sur le sol français pour devenir voie navigable. Son actuelle modestie empêche de se rendre compte de l’importance qu’elle avait dans le Valais d’autrefois. Avant les travaux de correction du Rhône, la plaine située entre Brig et Martigny formait un gigantesque marécage d’où émergeaient des collines sur lesquelles se nichaient les localités. Le paludisme ayant sévi dans le canton jusqu’au XXème siècle, toute la vie de la région a été influencée par ces eaux stagnantes insalubres qui ne pourront être assainies plus tard que grâce à des ouvrages herculéens. Endigué, pompé, contrôlé, le Rhône a peu à peu perdu sa place prépondérante dans la vie du Vieux-Pays.

Malgré les complications engendrées, la principale voie de communication entre le Valais et le monde extérieur longeait le cours du fleuve. Ainsi en 1796, on inaugura la première liaison par diligence entre Lausanne et Sion. Cette route rhodanienne vit passer marchandises et hommes. Beaucoup de Valaisans quittaient leur terre d’origine pour étudier, voyager, commercer, combattre ou émigrer. Certains d’entre eux ramenaient des coutumes, des idées, des innovations ou des plantes des régions dont ils revenaient. C’est de cette manière que certains cépages ont pénétré dans le canton.

A côté de ses variétés exclusives dites «indigènes» (le terme s’avère toutefois inexact puisque presque tous ces cépages proviennent du Val d’Aoste), quelques plants immigrés ont trouvé sur les coteaux alpins des conditions climatiques et géologiques adéquates. Dans ce groupe «traditionnel», on compte le Sylvaner, la Syrah, le Savagnin Blanc, le Muscat, l’Humagne Rouge, le Pinot Gris et la Marsanne Blanche. Les circonstances de leur arrivée en Valais nous demeurent inconnues. On suppose que ces cépages ont investi la région au XIXème siècle, amenés par des particuliers qui les avaient découverts durant leurs pérégrinations.

La Marsanne Blanche a certainement vu le jour dans le village de Marsanne. Cette petite localité française se situe au bord du Rhône dans la Drôme provençale à quelques kilomètres de Montélimar. Ce village médiéval du XIIème siècle a rapidement perdu l’exclusivité de son cépage homonyme. Celui-ci va se disperser dans les Côtes-du-Rhône où il s’enracine et forme avec la Roussane un couple indissociable. Les deux plants, très semblables, sont souvent confondus et mélangés dans les caves. Certaines communes des Côtes-du-Rhône possèdent des terroirs qui conviennent particulièrement au duo Marsanne-Roussanne. Les plus célèbres portent les appellations de Saint-Peray, Crozes-Hermitage, Saint-Joseph et Hermitage.

Dès son entrée en Valais, la Marsanne Blanche est authentifiée sous le nom d’Hermitage (également orthographié Ermitage) selon la coutume de la région qui consistait à baptiser un plant nouveau venu du nom d’un vin étranger célèbre. Ainsi le Sylvaner porte-t-il le nom de Johannisberg et le Pinot Gris est-il connu en tant que Malvoisie.

Les indications précises sur l’Ermitage et sa diffusion en Valais font défaut. Sa proximité avec la Roussanne, qui a aujourd’hui disparu du canton, et les confusions qui en découlent, rendent la tâche encore plus compliquée. Les plus anciennes vignes de Marsanne encore existantes dateraient de 1915 selon Christian Salamin. Cependant, il confirme que ces ceps sont issus de greffons de plantes plus anciennes dont la provenance et l’histoire resteront sans doute à jamais un mystère.

Dossier sur la Marsanne Blanche

                                                                   Truffer Alexandre
                                                            ©RomanDuVin.ch 2005






 
 


Page publiée le 8 Sep, 2005
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