Le portail romand pour les Romands
 
  Dirigez-vous vers la bonne information sur votre région
Menu
  Actualité
  Histoire et culture
  Vin et société
  Par canton
  Fribourg
  Genève
  Jura
  Neuchâtel
  Valais
  Vaud
  Les vins sur votre site
Recherche
Newsletter






Par canton : Valais

Valais

 

Saint Théodule, patron des vignerons du Valais
Ecrit par Alessandro Iannelli

  

Les informations de la rubrique sont fournies par
RomanDuVin.ch

 




Dans l’imagerie traditionnelle, on le représente une grappe de raisin à la main au côté d’une cloche. Patron des vignerons, Saint Théodule fut le premier prélat de l’évêché d’Octodure (devenu Martigny) qui s’étendait en 379 sur tout le bassin du Rhône en amont du Léman jusqu’à Saint-Gingolph. Sous les ordres d’Ambroise, évêque de Milan, il christianisa les païens du Valais pour le compte de l’Empire Romain d’Occident.

Sa célébrité lui vient de visions qui lui révélèrent le lieu où gisait la légion thébaine à Agaune, probablement massacrée par les Alamans. Théodule leva les corps et les exhuma dans un sanctuaire qui en 515 devint l’abbaye de Saint-Maurice. Mais autour de la figure de l’évêque fleurissent légendes et dictons qui lui attribuent l’origine de la vigne du Vieux Pays.

La mémoire populaire conte que lors d’un de ses nombreux voyages en Italie, Théodule conclut un marché avec un diablotin. Celui-ci, en échange de l’âme du premier humain rencontré au retour avant le chant du coq, le transporta sur son dos du Valais à Rome. Ils passèrent par le col qui porte encore aujourd’hui son nom : le col de Théodule.

En échange de son fidèle service, le Pape offrit à l’évêque une cloche et des sarments. Sur le chemin du retour, Théodule arrivé à Visperterminen, dans la vallée de Viège, distribua des sarments aux gens. Ainsi apparut le Païen que l’on boit encore de nos jours. A Géronde, les sarments de l’évêque donnèrent la Dôle de Géronde, la Dôle de Sierre et la Dôle de Salquenen. Et finalement, la Malvoisie fut plantée entre Valère et Tourbillon. C’est ainsi que naquit le vignoble valaisan.

Et notre compère, toujours à dos de diablotin, arriva donc à Valère où un coq blanc se mit à chanter. Instruit par Théodule, le coq attendit le retour du saint pour réveiller les hommes. Le diablotin ainsi abusé disparut sans avoir aucune âme à emporter.

Si la légende est fiction, une part de vérité historique s’infiltre dans ce récit. En effet, la cloche semble avoir vraiment existé. Après avoir sonné sur le beffroi de la cathédrale de Sion, elle se fendit et devint une relique. Il se pourrait également que la vigne ait bien été importée d’Italie par les nombreuses expéditions que les ecclésiastiques d’alors menaient à Rome.

De l’évêque missionnaire, chef spirituel et matériel de ses ouailles, chaque village semble disposer d’un récit, avec toujours pour trame de fond la vigne. Ainsi à Bovernier, on raconte que saint Théodule, de retour de Rome par le Mont-Joux, fut accompagné par le diable déguisé en marchand italien. Fatigué, notre pèlerin décida de s’arrêter aux abords d’une source d’eau chaude. Tandis qu’il s’assoupissait, Satan lui vola son bâton, symbole de sa fonction d’évêque, et s’enfuit par le village. Mais une femme de Bovernier, lavant les cuves et tonneaux que son mari emporterait à Fully pour la prochaine vendange, poussa le cuvier sur le chemin en direction des bruits. Le diable trébucha et perdit son bâton prestement récupéré par la paysanne. En signe de gratitude, saint Théodule promit alors du vin en abondance au village. Et Satan, des guêpes qui s’occuperaient du raisin mûr. Ainsi, Bovernier hérita du Goron, et des guêpes…

Discours savant et discours populaire s’entremêlent, comme bien souvent avec les personnages historiques devenus légendaires. Ce saint Théodule, toujours prêt à presser avec générosité des raisins bien mûrs dans les tonneaux vides des vignerons reste encore sous bien des aspects une énigme pour les historiens. Mais nul doute que ce cher évêque veille avec la plus grande attention et le plus sincère des amours sur les vignobles du Valais. Et aucun diablotin n’y pourra jamais rien. 

Sources bibliographiques:
Ces Histoires Qui Meurent, Christine Détraz et Philippe Grand, Collection Mémoire Vivante, Editions Monographic SA Sierre et Editions d’En Bas Lausanne, 1982.
Essai Sur Théodore d’Octodure, Lucien Lathion, Les Annales valaisannes N°4, 1956.

Alessandro Iannelli
 ©RomanDuVin.ch 2005

 
 


Page publiée le 19 Dec, 2005
Haut de Page
© Copyright 2005 by bestof-romandie.ch

 




<%-- File : include_footer.html Description : This is a site wide footer file, and you can place a footer you like here. Tags : All the tags on the page that is including the footer are available here. --%>