En 1986, la coopérative Centre Ajoie fait l’acquisition de deux hectares de prairies orientées plein sud près du village de Buix. L’objectif des coopérants consiste alors à proposer un vin régional digne d’accompagner les nombreuses spécialités culinaires servies lors du gargantuesque repas de la Saint-Martin. La première véritable récolte a lieu en 1990 où près de 7'000 bouteilles sont mises à la disposition du public qui s’enthousiasme pour cette nouveauté. Afin de parvenir à satisfaire la demande, trois hectares supplémentaires sont plantés en 1992. Quinze ans plus tard, la superficie du Clos des Cantons s’étend toujours sur cinq hectares qui fournissent 30'000 bouteilles jurassiennes parées de l’étiquette dessinée par Jean-François Comment, peintre local de renom.
Les particularités de la situation très septentrionale du clos ajoulot ont incité Didier Fleury, le vigneron responsable, à choisir des variétés relativement précoces. Les parcelles de rouge, où croissent une majorité Garanoir complétée par du Pinot Noir comptent pour les deux tiers de l’encépagement. Le solde se divise équitablement entre Pinot Gris et Riesling*Sylvaner. Ce quatuor variétal donne à l’exploitation la possibilité de produire du rosé de même qu’un vin de dessert. L’absence d’assemblage se justifie par la volonté de développer des crus typiques marqués par le terroir local.
Un certain nombre de difficultés financières ont précipité Centre Ajoie dans le giron du géant agroalimentaire Fenaco. Les soucis pécuniaires ont également repoussé aux calendes grecques la construction d’une cave à proximité du vignoble de Buix. Ainsi, après les vendanges, la récolte est confiée au Domaine Nussbaumer de Aesch dans le canton de Bâle. Celui-ci se charge de l’élevage comme de la mise en bouteilles.
Les flacons estampillés Clos des Cantons s’avèrent quasiment impossible à dénicher hors du Jura. Seul un voyage gastronomique dans la région permet de découvrir les accords que nous conseille Didier Fleury. Pour déguster le cochon de la Saint-Martin, il faut bien sûr attendre la mi-novembre; toutefois, la gastronomie du plus jeune canton suisse réserve bien des plaisirs tout au long de l’année. Le Riesling*Sylvaner aromatique se marie selon la tradition à une Tête-de-moine ou une choucroute. Le Pinot Gris accompagne joyeusement le «totché», le gâteau à la crème, voire un pâté des Princes-Evêques. Le Garanoir intense rehausse cailles farcies et boudin traditionnel. Quant au chaleureux Pinot Noir, il s’allie avec naturel aux atriaux ou aux saucisses d’Ajoie.
Pour toute information supplémentaire, contacter Centre Ajoie ou Didier Fleury au 032/471.09.09
Truffer Alexandre
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