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Une perle du Vully fribourgeois
Ecrit par Alexandre Truffer
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| Courtoisie de B.Derron |
La cave du Vieux Moulin, propriété de la famille Derron, se trouve au bord du lac de Morat dans le village de Môtier. Cette bourgade se partage avec la localité voisine, Praz, l’exclusivité de la production de Freiburger. Ici, pas de problèmes de surplus ni de campagne publicitaire à élaborer pour écouler cette spécialité, l’intégralité de la récolte proche des 10 000 flacons, part chez les connaisseurs.
En ce début mai, la récolte 2004 va quitter les cuves pour être mise en bouteilles. Ce sera la dernière besogne d’une année desoins minutieux. Ainsi que nous l’explique Bernard Derron, le Freiburger exige des attentions régulières. Le principal travail se fait à la vigne, car le cépage se montre passablement sensible à la pourriture. Il faut donc faire attention et lui garantir un ensoleillement optimal.
Au niveau visuel, le Freisamer n’offre pas un aspect très engageant. Il produit des grappes de taille réduite formées de petits raisins serrés. De couleur verdâtre et piquetées de taches noires, les baies ne charment pas l’œil. Cependant, les ceps se rattrapent avec l’exubérance de leur feuillage. Des rameaux poussent dans toutes les directions et demandent de la part de l’homme un réel effort pour parvenir à maîtriser la végétation. Il faut couper et encore couper pour parvenir à un résultat intéressant.
Bernard Derron ne laisse que 7 grappes sur chaque pied qui donneront environ 600 grammes de raisin, soit 4 décilitres de vin, par mètre carré. Ces rendements modestes permettent d’élaborer des crus intéressants. Lui-même le vinifie traditionnellement, soit avec une double fermentation et sans chaptalisation. D’autres le préfèrent plus doux ou le font entrer dans des assemblages liquoreux.
Le Freiburger donne des vins tranquilles peinant à s’illustrer dans les concours, parce qu’il possède une rusticité et une verdeur qui le pénalisent. Celle-ci se retrouve d’ailleurs dans son aspect visuel. Spécialité il est et spécialité il demeurera, même si quelques vignerons romands en ont planté par-ci par-là, dans le but de l’utiliser dans des assemblages. Selon Bernard Derron, cette curiosité vuilleraine ne connaîtra jamais l’engouement de certains cépages comme le Sauvignon blanc ou le Gamaret. Malgré cela, son caractère propre continuera à charmer les amateurs de découvertes gustatives, en particulier pour les millésimes ayant bénéficié d’un fort ensoleillement.
©RomanDuVin.ch 2005
Page publiée le 4 Mai, 2005
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