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Vin et société



 

Le terroir: un terme inventé par les vignerons pour vendre du vin?
Ecrit par Alexandre Truffer

  

Les informations de la rubrique sont fournies par
RomanDuVin.ch

 


Impossible d’avoir une discussion sur le vin sans que débarque la notion de terroir. Selon les cas, elle signifie l’adéquation entre la configuration géologique et le cépage, sert de synonyme à sol ou souligne la spécificité d’une sensation gustative complexe et particulière d’une région. Parfois également, son entrée dans le débat marque la suprématie sociale du docte «docteur du vin» qui l’utilise. Elle sous-entend alors que votre interlocuteur fait partie de la petite minorité qui peut se permettre d’acheter des vins de terroir –par opposition aux vins du Nouveau-Monde, vins industriels, vin modernes, vins de cépages ou vins techniques- et qui sait en détecter le goût aussi inimitable qu’indescriptible.

A ce moment de la discussion, il devient intéressant de demander humblement quelle est la définition exacte du mot. Il y aura alors autant de réponses données que terroirophiles. Pour s’en convaincre, il suffit de chercher dans les ouvrages de référence. Voilà quelques-unes des explications que nous avons trouvées.

Etendue limitée de terre considérée du point de vue de ses aptitudes agricoles. Spécialement Sol apte à la culture de la vigne. Vin qui a un goût de terroir, un goût particulier tenant à la nature du sol où pousse la vigne. Le petit Robert, éd. 1994.

Ce mot qui désigne le sol, la terre, prend quand il s’applique aux vins, un sens spécial comme dans l’expression goût de terroir. Certains vins, récoltés sur un sol lourd, ont un goût caractéristique, particulier, difficile à décrire: un goût de terroir, plutôt désagréable, commun et persistant, du moins dans la plupart des cas. Car, si les grands vins ont rarement un goût de terroir, quand ils l’ont, il est aussi léger qu’inoubliable. Le Livre d’or du vin. Frank Schoonmaker, éd. 1976.

Le terroir est la combinaison unique de tous les facteurs naturels donnés d’un vignoble: la nature du sol et du sous-sol, le climat, la pente du terrain et son altitude, la somme de ces paramètres caractérisant un lieu particulier. Le vin pour les nuls. Mary Ewing-Mullingan et Ed Mc Carthy, éd.1996.

Ensemble des facteurs naturels (climat, sol, sous-sol, hydrologie, ...) et humains (usages et savoir-faire) qui président à la culture de la vigne et à l'élaboration du vin. Tiré du lexique du site vitis.org.

Un terroir est une entité territoriale dont les valeurs patrimoniales sont les fruits de relations complexes et de longue durée entre des caractéristiques culturelles, sociales, écologiques et économiques. A l'opposé des espaces naturels où l'influence humaine est faible, les terroirs dépendent d'une relation particulière entre les sociétés humaines et leur habitat naturel qui a façonné le paysage. Tiré du site du ministère français de l’écologie.

Un terroir doit avoir l’aptitude à imprimer au produit qui en est issu une originalité. Le terroir n’existe ou n’est révélé que par l’homme et à travers ses pratiques culturales. Robert Drouhin, Vice-président de l’INAO.

[…] La notion de terroir englobe donc des facteurs naturels et humains et signifie que le produit qui en est issu ne peut être reproduit hors de son territoire. Tiré du site officiel des AOC.

Il n’y a pas besoin de multiplier les exemples pour comprendre que plusieurs courants s’affrontent. Historiquement, il est intéressant de remarquer que le terme de terroir a tendance à évoluer avec le temps. Ainsi, au milieu du XXème siècle, un produit ou un goût de terroir a plutôt un sens péjoratif et s’associe à des aliments de mauvaise qualité fabriqués avec des normes de qualité ainsi que d’hygiène insuffisantes. Aujourd’hui au contraire, ce même substantif a pris une connotation positive et symbolise l’opposition à la mal bouffe.

D’un point de vue vinicole, on note une opposition franche entre ceux qui intègrent l’être humain dans la définition du terroir et ceux qui l’en excluent. Evidemment, rejeter l’influence des pratiques vigneronnes revient à limiter très fortement le nombre de régions viticoles pouvant se réclamer d’un terroir. Selon cette logique, il faudrait, pour que le terroir ressorte dans un cru donné, que tous les facteurs autres (cépage, mode de culture, type de vinification, élevage) soient identiques. Au vu de la viticulture moderne, cette conception implique qu’il n’y a tout simplement pas de vin de terroir.

Au contraire, si l’on admet que les pratiques culturelles vigneronnes entre dans cette notion controversée, tout le monde peut faire du vin de terroir. Aussi bien le Valais avec ses micro-parcelles disséminées et plantées de cinquante cépages différents, que l’Australie où un domaine de Chardonnay recouvre souvent des surfaces supérieures à une AOC viticole européenne. Ces deux régions, parmi bien d’autres, ont d’ailleurs commencé à baser une partie de leur communication sur la qualité de leur terroir. Dans un tel cas de figure, force est de constater que le terme de terroir possède surtout une connotation commerciale et ne désigne plus aucune caractéristique géographique ou gustative particulière.

Truffer Alexandre
©RomanDuVin.ch 2006





 
 


Page publiée le 21 Sep, 2006
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